L’artiste





 
À la veille de son exposition de novembre 2011 à l’Espace Champerret, Christophe Mindar a été interviewé par le magazine Le Bonbon. Nous reproduisons ici l’article de Julien Boisset, très impressionné par cet «esthète émérite [qui] réinvente un monde hypnotique, fait de formes et de reliefs, grâce à sa technique des pointillés à l’encre de Chine ».
 

Christophe aurait pu être un homme comme les autres. Sage dans son enfance, il passe son temps libre à reproduire les pochettes de bandes dessinées qu’il dévorait. Alors adolescent, ce sont les années 90, âge d’or de la musique électronique, qui marquent le début de son émancipation. « Quand j’ai découvert la techno, j’ai vraiment pris une claque. À cette époque, je sortais beaucoup, notamment dans les raves parties et les champignonnières. Pourtant, je n’ai jamais arrêté le dessin ; je faisais beaucoup de graffiti. »

Cette expérience urbaine lui a conféré un savoir-faire singulier et lui permet dorénavant d’imaginer pléthore de courbes « graphiques, esthétiques et harmonieuses », d’où ses oeuvres puisent toute leur puissance. Son imagination est débordante. Les courbes lui apparaissent toujours sous forme de flash. « C’est comme si j’avais une vision. Elles se conceptualisent dans ma tête et je peux les discerner dans leurs moindres détails. Tant qu’elles ne sont pas comme je les ai imaginées, je ne peux pas m’arrêter de travailler. »

Méticuleux, avec un sens aigu de la précision, il passe souvent plusieurs mois à parfaire le moindre trait, entre lequel il esquisse deux lignes de points.
« Comme je travaille sur les dégradés de gris, il faut que tout soit parfait. Je n’ai pas le droit à l’erreur. » Le résultat est saisissant : ses calligraphies se dotent d’un véritable relief, au jeu de lumières hypnotisant.

Rien n’est plus important, pour cet habitant du 14e depuis vingt ans, que de déstabiliser l’oeil de son spectateur. « Mes dessins peuvent se rapprocher des mandalas. Je cherche à créer un support méditatif apaisant, mais aussi à susciter l’envie d’effleurer les formes et les courbes ». Une quête initiatique qu’il a ressentie dans ses nombreux voyages, notamment lorsqu’il s’est replié en pleine forêt amazonienne, dans une famille de chamans.

Entremêlé de dogmes et de symboles, l’ensemble de son oeuvre est un périple dans les profondeurs de son subconscient. « Reste à chacun de pouvoir rentrer en résonance avec une oeuvre selon son ressenti. » Mais cela, c’est une tout autre histoire…
 

© « Christophe Mindar, rencontre avec un artiste exalté », Julien Bouisset, Étienne Pugliesi-Conti (photo), Le Bonbon, n°11, Novembre 2011, page 14.